14 JUILLET – Francis Ponge (TRAD. FR-ITA)

14 JUILLET – Francis Ponge (Pièces)

Tout un peuple accourut écrire cette journée sur l’album de l’Histoire, sur le ciel de Paris.
D’abord c’est une pique, puis un drapeau tendu par le vent de l’assaut (d’aucuns y voient une baïonnette), puis – Parmi d’autres piques, deux fléaux, un râteau – sur le rayures verticales du pantalon des sans-culottes un bonnet en signe de joie jeté en l’air.
Tout un peuple au matin le soleil dans le dos. Et quelque chose en l’air à cela qui préside, quelque chose de neuf, d’un peu vain, de candide : c’est l’odeur du bois blanc du Faubourg Saint-Antoine, – et ce J a d’ailleurs la forme du rabot.
Le tout penche en avant dans l’écriture anglaise, mais à le prononcer ça commence comme Justice en finit comme ça y est, et ce ne sont pas au bout de leurs piques les têtes renfrognées de Launay et de Flesselles qui, à cette futaie de hautes lettres, à ce frémissant bois de peupliers à jamais remplacant dans la mémoire des hommes les tours massives d’une prison, ôteront leur aspect joyeux.

TRADUZIONE IN ITALIANO DI Andrea Giramundo

14 LUGLIO

Un intero popolo accorre a scrivere questa giornata sull’album della storia, sul cielo di Parigi.
All’inizio è un palo, poi una bandiera tesa al vento dell’assalto (alcuni ci vedono una baionetta), poi – tra altri pali, due flagelli, un rastrello – sulle strisce verticali dei pantaloni dei sans-culottes un berretto in segno di gioia gettato in aria.
Un intero popolo al mattino con il sole sulla schiena. E qualcosa in aria che presiede, qualcosa di nuovo, di un po’ vano, di candido: è l’odore del legno bianco del borgo di Sant’Antonio, – e questo J ha la forma du una piallatrice.
Il tutto inclina in avanti nella scrittura inglese, ma a pronunciarla inizia come Giustizia e finisce così com’è, e non sono in cima ai loro pali le teste accigliate di Launay e di Flesselles che, a questo tronco di alte lettere, a questo fremente bosco di pioppi sempre sostituenti nella memoria degli uomini le torri massicce di una prigione, toglieranno il loro aspetto gioioso.

——-> ALTRO DI : Francis Ponge

*IMAGE: Première fête nationale du 14 juillet (1880), à Paris et à Angers


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